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Ateliers féministes
un désir d'apprendre, d'agir, de gagner en autonomie

La campagne de sociofinancement de la Couverte a révéler un intérêt marqué pour l'apprentissage de savoir-faire manuel par les femmes. On ne devrait pas avoir à attendre après le bon vouloir de quelqu'un d'autre pour réparer un meuble, une  porte d'armoire, accrocher une oeuvre sur le mur, ou poser des tablettes.  

Pouvoir aller de l'avant dans ses projets, concrétiser ses idées, régler ses problèmes soi-même est très valorisant. 

On a eu la preuve de cet intérêt lorsque nous  avons commencé à recevoir des mots d'encouragements, des questions, des témoignages et des candidatures spontanées de femmes qui voulaient travailler à La Couverte.

Les ateliers destinés à des femmes bénéficiant des services de certains organismes communautaires régionaux ont été déclarés non-mixte, pour que les femmes se sentent 100% à l'aise de poser leurs questions, de  s'approprier les outils et de partager leurs appréhensions. La non-mixité permet de créer des espaces de partage et d'expérimentation sécuritaires où les femmes peuvent s'inspirer mutuellement les unes des autres et s'exercer librement, sans la pression de performer le genre qui leur est collé.

5 ateliers sur les principes de base des travaux manuels et 3 ateliers de restauration de meubles et 1 atelier de collage ont été financés par nos contributrice•eur•s.  Suite à une telle popularité, nous avons décidé d'offrir un atelier ouvertement féministe,  mais ouvert à toustes. Le but était de permettre à qui  le veut faire une contribution en  échange  de leur participation à l'atelier avec nos formatrices. Les 8 places sont parties en moins d'une semaine. Cette réponse de  notre communauté nous donne envie de développer les formations dès que possible et d'ouvrir la voie à l'intégration des femmes dans un domaine d'activités depuis longtemps réservé aux hommes, de la transmission des savoirs au marché du travail, en passant par les tâches ménagères genrées. 

Quand La Couverte était à l'étape embryonnaire de son projet, Céline Nyinawumuntu de SISMIC nous a poussé•e•s à entrer en contact avec des personnes qui pourraient témoigner du besoin que nous cherchions à  combler par la mise en pratique de notre vision de la construction et de l'éducation populaire.

Nous avons notamment discuté avec une artisane et mère monoparentale qui nous a livré un témoignage vraiment remarquable, soulignant la nécessité pour beaucoup de femmes de gagner en autonomie et en confiance avec des outils et des projets à leur portée:  

«Comme femme toute seule, quand on engage quelqu'un pour faire des travaux, on a toujours plus peur de se faire leser, surtout en construction, c'est un domaine qu'on connaît moins, on se sent plus vulnérable. D'avoir quelqu'un•e qui est là pour nous aider et pas pour faire de l'argent, ça enlève un stress et ça nous met en confiance.»

Pour  elle, le fait de pouvoir s'impliquer  dans son projet chantier et d'inclure des proches dans le projet lui apparaissait comme une avenue très valorisante. Sentir que ce n'est pas seulement de la charité, redonner de l'agentivité et des connaissances aux femmes, c'est vraiment porteur.

«La majorité des femmes sont manuelles, on se débrouille déjà avec un paquet d'affaires, mais c'est juste la barrière de se lancer et de se faire confiance. Apprends à pêcher à quelqu'un•e et elle va avoir du poisson toute sa vie (en théorie). Quand  tu fais participer les gens, tu transfères de la connaissance et tu  leur redonne le plein pouvoir de faire les choses. La confiance c'est la chose la plus puissante qu'il n'y a pas.».

Une femme seule ou avec des enfants peut rapidement se retrouver au seuil de la pauvreté, étant forcée de composer avec le travail, la maison et l'éducation des enfants. Partout au Québec, l'accès au logement est de plus en plus difficile et encore plus pour les familles. En région tout particulièrement, pour habiter une maison unifamiliale avec un revenu restreint, il faut souvent opter pour des constructions plus anciennes, moins dispendieuses à l'achat, mais beaucoup plus vulnérables à l'usure et aux petits problèmes. Parfois, certains travaux de rénovation doivent être réalisés rapidement, faute de quoi il pourrait y avoir des conséquences graves sur la santé et la sécurité de ses habitant•e•s et ultimement sur la valeur globale de la propriété. On vit dans un système individualiste où un manque de vigilance dû à un manque d'expertise disponible peut entraîner des dégâts importants dans une maison et causer d'autres problèmes comme la difficulté d'obtenir des assurances par la suite.

Pour  La Couverte, il s'agit d'un non-sens que d'acculer les propriétaires au pied du mur et de la forcer à payer des sommes excessives pour répondre à ce qui devrait être considéré comme un besoin de base. Celui de se loger et d'être bien au chaud l'hiver.

Certaines femmes iront même jusqu'à se mettre en couple par dépit, pour avoir de l'aide avec l'entretien de leur logement ou seulement pour se faire représenter face au mépris de certains entrepreneurs. Quand on parle d'autonomie et d'entraide communautaire, c'est le genre de situation que l'on veut éviter à tout prix.